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22 Juillet 2021
Communiqué d’opposants au projet de CHU sur l’Ile de Nantes :

CHU sur l’île de Nantes

Nous accusons !

1. Nous accusons l’ancien député-maire de Nantes, de droit président du conseil d’administration du CHU de Nantes, d’avoir imposé en 2009 un site de 10 hectares sur l’île de Nantes pour construire le nouveau CHU, alors que :

– un terrain de 50 hectares était – et est toujours – disponible et accessible à Saint-Herblain, à côté de Nantes ;
– le Marché d’Intérêt national (MIN) allait être obligé de déménager de l’île de Nantes sur un autre site, au motif invoqué de problèmes majeurs d’accessibilité et d’urbanisation;

– l’architecte-urbaniste Alexandre Chemetoff, grand prix de l’urbanisme 2000, chargé de repenser l’aménagement de l’île de Nantes avait manifesté publiquement son opposition en 2009, ce qui a provoqué son départ fracassant.

2. Nous accusons l’actuelle maire de Nantes, présidente de Nantes Métropole, d’avoir suivi aveuglément et confirmé cette décision sans débat public, sans jamais recueillir les avis des maires du département ni ceux des associations de professionnels de santé. Ceux-ci lui auraient rappelé notamment les problèmes d’accessibilité et de circulation mettant en danger la vie des patients, notamment ceux atteints d’AVC. Sans parler de surcoûts gigantesques : 250 millions d’euros imputables aux caractéristiques du site choisi, auxquels on peut ajouter 350 millions d’euros pour de nouvelles lignes de tramway.

3. Nous accusons Nantes Métropole qui dit pratiquer la démocratie participative mais ne tient aucun compte des résultats des consultations qu’elle organise:

– Convention citoyenne qui a émis les plus expresses réserves en mars 2021 quant au choix du site île de Nantes.

– Concertation citoyenne sur les tramways, close en janvier 2021, qui a rejeté très majoritairement le schéma proposé, lié au projet du CHU.

4. Nous accusons la Direction du CHU aux ordres de la municipalité

  • Qui masque les difficultés financières du CHU en 2018 et 2019 avec la complicité de l’Agence régionale de Santé (ARS) et du commissaire aux comptes ;
  • Qui sait parfaitement que les efforts de gestion indispensables exigés par l’IGAS (fortes réductions d’effectifs) sont totalement hors de portée, ce qui rendra rigoureusement impossible le remboursement de la dette ;
  • Qui accepte une diminution importante du nombre de lits et places dans un contexte de sursaturation (urgences) et d’évolution démographique forte ;
  • Qui accepte une division par 6 de la surface disponible : 10 hectares au lieu de 17 (Hôtel Dieu) plus 50 (Laënnec). Cette diminution rend impossible l’objectif fondamental du projet de regrouper sur un même site les soins, les activités de recherche et d’enseignement ainsi que des entreprises de Biotech et Medtech ;
  • Qui accepte de se voir imposer un site saturé dès le départ interdisant toute possibilité d’expansion. Or un CHU doit pouvoir évoluer pendant au moins 50 ans ;
  • Qui a nié début 2019 aux commissaires enquêteurs que des injections de béton supplémentaires étaient indispensables sous certains bâtiments de l’Hôtel Dieu, au bord de la Loire, et notamment le Plateau technique médico-chirurgical (PTMC) , qui posent des problèmes de stabilité ;
  • Qui mène, dans le but de l’édification du CHU sur l’île de Nantes, une politique d’économies drastiques. Elles ne se limitent pas à des restrictions sévères d’effectifs salariés mais concernent également les investissements en matériel, notamment technologique. Cette politique impacte encore plus lourdement la prise en charge des patients. Faire perdurer cette situation durant au minimum six années, est irresponsable vis-à-vis des patients et totalement intenable pour les salariés ;
  • Qui prétend que le rapport de la Chambre régionale des Comptes (CRC) est élogieux alors qu’il émet de vives réserves sur la faisabilité du projet, et la soutenabilité du financement par le CHU ;
  • Qui s’occupe dans les moindres détails de la sécurisation de l’Hôtel Dieu et du CHU Nord, et ne se pose pas de questions sur la sécurisation du projet île de Nantes. Les choix techniques retenus, « CHU ouvert sur la ville », sont incompatibles avec les exigences liées à la sécurisation.

– L’entêtement aveugle de la Direction du CHU aggrave sa responsabilité.

  •  Elle sait évidemment que la montée en puissance de l’ambulatoire depuis huit ans n’a pas permis de fermer des lits ;
  • Elle est tout-à-fait consciente que fermer des lits et supprimer des postes n’a aucun sens dans un contexte de forte croissance démographique (+10% tous les 5 ans) encore plus élevée pour la population senior forte consommatrice de soins ;
  • Elle produit des prévisions financières totalement irréalistes, dénoncées explicitement dans le rapport de la CRC ;
  • Elle est également consciente que le budget du projet île de Nantes est largement sous- estimé et incomplet. Cela est longuement confirmé dans le rapport de la CRC ;
  • La dépollution pyrotechnique qui s’impose en raison de la présence de bombes non explosées datant de la seconde Guerre mondiale, ne fait que rajouter des coûts et des délais à un projet parti pour battre tous les records de retards et de surcoûts ;
  • Finalement la Direction finit par s’apercevoir un peu tard, en juin 2021, que le projet est trop étriqué. Elle décide le maintien de l’Hôpital Nord Laënnec à Saint Herblain. Au prix d’un dérapage considérable du budget qui passe d’un seul coup de 953 millions€ à 1200 millions d’euros.

    5. Nous accusons le ministre de la Santé qui ne tient pas compte de l’engagement de la ministre qui l’a précédé. Madame Agnès Buzyn, après l’inondation en 2018 de l’hôpital de Carcassonne, avait déclaré «plus jamais il ne faut construire un hôpital en zone inondable. »

    6. Nous accusons l’Agence régionale de Santé, qui soutient inconditionnellement un projet qui amènera les deux services d’urgences de la métropole (CHU et Confluent) à 500 mètres l’un de l’autre, le long du bras sud (inondable) de la Loire ; Les urgences seront alors difficilement accessibles pour 75% de la patientèle, provenant du nord de la Loire.

    7. Nous accusons les Préfets de Région successifs qui n’ont pas tenu compte des problèmes majeurs qui leur étaient signalés, et notamment :
    – Publication d’un Plan de Prévention des Risques d’Inondation (PPRI) de complaisance afin de satisfaire aux désirs du principal porteur du projet. Ce PPRI publié en 2009 ne prend en compte ni les phénomènes de type Xynthia ni la montée de 1 mètre du niveau des océans, comme exigé par le Schéma directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE). Aujourd’hui, le caractère inondable de l’Île de Nantes est admis par tous ;
    – absence de respect du plan de sécurisation des établissements de santé ;
    – non-respect de l’esprit de l’arrêté relatif au survol des hôpitaux ;

8. Nous accusons la « Commission d’enquête » installée en 2018, qui n’a jamais approfondi les problèmes soulevés et n’a pas exigé la production d’un indispensable bilan carbone, alors que l’Environnement était le thème principal de sa mission. Si cette « omission » est fortuite c’est bien dommage : le bilan carbone aurait sans doute révélé un désastre écologique de grande ampleur, notamment par la destruction programmée des bâtiments de l’Hôtel Dieu et de l’hôpital Laënnec.

SIGNATAIRES

  • François Resche, Professeur émérite des Universités, ancien Président de l’Université de Nantes ;
  • Bernard Le Mével, Professeur émérite des Universités, ancien directeur du Centre régional de Lutte contre le Cancer de Nantes ;
  • Daniel Duveau, Professeur émérite des Universités, ancien directeur médical de l’Institut du Thorax, CHU de Nantes ;
  • Axel de Kersaint-Gilly, Professeur émérite des Universités, ancien chef de service de neuroradiologie interventionnelle, CHU de Nantes ;
  • Gérard Dabouis, Professeur émérite des Universités, ancien chef du service d’oncologie médicale , CHU de Nantes;
  • Jean-Marie Ravier, Chef d’entreprise.
  • Marc Gombeaud, journaliste honoraire, ancien Conseiller régional Organisation mondiale de la Santé ;
  • Jean Amyot d’Inville, ancien directeur du Centre de Communication de l’Ouest ;
  • Jean-Louis Renault, Officier de Marine e.r.;
  • Michel Cantal-Dupart, architecte-urbaniste, Professeur honoraire d’urbanisme et environnement au Conservatoire national des Arts et Métiers ;
  • Robert Germinet, Contrôleur général économique et financier honoraire au Ministère des Finances, de l’Économie et de l’Industrie, ancien Directeur des écoles des Mines de Nantes et de Saint-Étienne.

    Principaux opposants au projet Ile de Nantes
    A titre posthume, le maire de Saint-Herblain pendant quatre mandats de 1989 à 2014, responsable départemental du parti socialiste de 1982 à 1989 et sénateur de 2001 à 2011. Avant son décès en juin 2014 il rappelait que c’est dans sa ville, alors dirigée par le futur maire de Nantes et futur Premier ministre, qu’il avait été prévu d’implanter le nouveau CHU sur le site de l’hôpital Laënnec, ouvert en janvier 1984.
    Les architectes et notamment l’ancien président départemental de l’Ordre des Architectes, qui dénonçait vivement en 2010 le choix du site sur l’Ile de Nantes. Aujourd’hui encore, un célèbre urbaniste, pourtant ancien président du Comité de soutien de l’ancien député-maire de Nantes, n’hésite pas à dénoncer ce qu’il considère comme une aberration.
    Le Groupement d’Analyses et d’Etudes en Loire-Atlantique (GAELA), association apolitique qui ne cesse, depuis douze ans, de jouer les trouble-fêtes, arguments solides à l’appui. En son sein des spécialistes de la santé, de la sécurité, des finances, des transports et de l’énergie.
    De gauche à droite de l’échiquier politique. Les oppositions regroupées dans le collectif « Stop transfert CHU » rassemblent l’Union de la Droite et du Centre, La France Insoumise, Nantes en commun, Saint-Herblain en commun, le groupe des élus écologistes et citoyens, EELV, des syndicats comme la CGT/CHU Nantes et CGT 44, des associations Attac 44 et AVEC.

    Enfin 150 Maires du département ont signé une motion d’opposition au projet. Nantes, juillet 2021.

    Contacts :
    Bernard Le Mével, mail : blemevel@gmail.com
    Jean-Marie Ravier, mail : jm.ravier@outlook.fr

En raison de la l’épidémie de Covid-19 et des annonces gouvernementales, la rencontre du 18 mai a eu lieu en visio.

Enregistrement ici

Malgré une crise sanitaire sans précédent et les trois confinements que nous avons eu à subir, faute de lits et de personnels formés en nombre suffisant, les suppressions de lits et de postes de soignant·e·s se poursuivent partout en France. C’est le cas à Nantes où le ministre de la santé et les élu·e·s locaux s’entêtent à vouloir détruire Hôtel-Dieu et Laënnec pour construire un nouvel hôpital avec moins de lits et moins de soignant·e·s, sur l’île de Nantes. Alors que le CHU est en tension depuis plusieurs années et que les soignant·e·s sont à bout, nos dirigeants persistent. Leur projet : un hôpital vitrine sans moyen véritable pour soigner toutes celles et ceux qui en ont besoin.
Nous nous mobilisons parce que nous sommes pour un service public de la santé accessible au plus grand nombre et nous pensons que pour un même budget, les hôpitaux peuvent être rénovés, agrandis et bénéficier de plus de matériel et de personnel.
🙌 Si c’est aussi votre cas, alors on vous donne rendez-vous le samedi 24 avril pour une déambulation spectaculaire qui fera la démonstration que nous sommes déterminé·e·s, et que nous ne lâcherons rien face aux velléités néolibérales de ce gouvernement et de la complicité active de la majorité locale. Nous serons 231 personnes – autant de patientes et patients qui se retrouveront sans lits et sans soin avec le futur CHU – à nous diriger vers la place Royale où se tiendra l’inauguration du CHU-Titanic par les élu·e·s et ….. les actionnaires du BTP !
Voici le formulaire pour s’inscrire : https://framaforms.org/inscription-action-contre-le…
Samedi 24 avril, à partir de 14h
Action soutenue par le collectif Stop au transfert du CHU et proposée par des militant·e·s du GIGNV, Nantes en commun, et Youth For Climate.

Illustration © Frap / Presse Océan (2021)

Déménagement de l’hôpital avec moins de lits et moins de soignants en pleine crise sanitaire à Nantes : appuyons sur pause !

Un rassemblement public pour rendre visible la mobilisation a lieu le Samedi 6 février 2021 à Nantes, devant l’hôpital Hôtel Dieu à 14h.

Tirons les leçons de la crise. Appuyons sur pause et réévaluons collectivement le projet de CHU nantais pour qu’il réponde aux besoins des habitants du territoire et soit digne d’un service public de la santé pour toutes et tous !

Pourquoi nous nous mobilisons contre ce transfert

Un hôpital inadapté et sous dimensionné

Réduction du personnel soignant (-400 postes ETP) et des lits (-231) pour un territoire en croissance démographique (+ 16 000 habitants par an en Loire-Atlantique), sans même compter la réduction déjà entamée depuis 2015 (-267 postes et -163 lits).

Un site unique en zone inondable

Quatre fois plus petit que les surfaces actuellement utilisées par le CHU, sans possibilité d’extension et difficilement accessible, et impliquant la destruction d’Hôtel Dieu et de l’hôpital Laënnec.

Un chantier pharaonique d’un milliard d’euros

La faisabilité et soutenabilité financières sont mises en cause par la Chambre régionale des comptes, à cause du poids de l’endettement du CHU qui continuera d’imposer des restrictions budgétaires nocives.

Un projet sans débat ou presque

La Commission Nationale du Débat Public n’a pas été saisie et les nantais·es très peu informé·e·s.